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Une porte entrouverte au moteur thermique

Publié le 05.04.2023

Le 28 mars dernier, les ministres réunis en Conseil ont trouvé un accord sur l'utilisation future des carburants de synthèse dans les voitures qui permet de lever en partie l'interdiction du moteur thermique après 2035.


« Les véhicules équipés d'un moteur à combustion interne pourront être immatriculés après 2035 s'ils utilisent exclusivement des carburants neutres en termes d'émissions de CO2 »
Volker Wissing - Ministre allemand des Transports
 
Au cours des derniers mois, les médias ont communiqué massivement sur le vote de la Commission européenne et du Parlement européen qui signait la fin du moteur thermique en 2035. Cependant, pour être validée, cette loi devait être ratifiée par les ministres du Conseil européen et c’est précisément là que cela a coincé. En effet, un consortium mené par l’Allemagne, l’Italie et 6 autres pays s’y est opposé car, d’une part, la date mise en application de 2035 était considérée prématurée pour certains et, d’autre part, l’obligation de passer à la voiture électrique comme solution unique était jugée trop restrictive pour d’autres.
 

La raison du blocage

Ce que l’Allemagne et consorts reprochaient au texte de loi était l’absence de neutralité technologique - pourtant mise en avant par les institutions européennes - et l’obligation implicite de passer à la propulsion électrique pour les véhicules neufs à partir de 2035. En effet, sous couvert de cette supposée neutralité, le texte mentionnait que les véhicules neufs ne pourraient plus émettre de CO2 à partir de l’échappement, ce qui disqualifiait d’emblée les moteurs à combustion interne même fonctionnant avec des carburants neutres en CO2 tels que les e-fuels (carburants de synthèse). Une solution qui répond pourtant au but de la neutralité carbone visé par l’Europe d’ici à 2050.   
 

Le véhicule 100 % électrique vraiment plus propre ?

En écartant le moteur thermique, le véhicule électrique à batterie de traction sortait donc grand gagnant de cette loi voulue par l’Europe alors qu’il présente des contraintes d’utilisation et n’est pas forcément si « écologique » qu’on veut bien le dire. En effet, au-delà des contraintes pratiques imposées par la voiture électrique comme l’autonomie limitée, le temps de recharge long ou la difficulté à trouver des bornes sur la voie publique, des études récentes, portant sur les émissions de CO2 sur le cycle de vie complet (LCA) du véhicule, montrent que cette solution est loin d’être neutre pour le climat.
 
Ces études indiquent que selon la taille de la batterie, l’endroit où elle est produite et celui où la voiture est utilisée, circuler à l’électrique peut, dans certains cas, émettre presque autant de CO2 qu’une voiture à moteur thermique. La raison ? La production d’électricité n’est pas décarbonée uniformément en Europe et encore moins dans le monde. Le site Green NCAP met d’ailleurs cette problématique en lumière en comparant les émissions de CO2 entre différents véhicules et il en ressort qu’il faut parcourir entre 40 000 km et 150 000 km pour qu’une voiture électrique deviennent moins polluante que son homologue thermique.
 

Pourquoi vouloir conserver le moteur thermique ?

La logique de conserver le moteur thermique dans les solutions de mobilité repose sur le fait que, bien utilisée (avec des e-fuels et en combinaison avec l’hybridation), cette technologie est efficace en termes de réduction des émissions de CO2, tout en étant plus pratique dans certaines applications et pour certaines tranches de la population.
 
Par ailleurs, le fait de disposer de plusieurs technologies pour propulser les véhicules en Europe, permet d’être plus flexible et indépendant face aux fluctuations d’offres des différentes formes d’énergie et réduit le risque de pénurie en cas de crise ou de conflit. À ce titre, signalons que la Chine contrôle près de 70 % du marché des matières premières qui composent les batteries. Une autre bonne raison pour ne pas tout miser sur cette technologie. Finalement, le maintien du moteur thermique permet aussi de préserver l’industrie automobile européenne qui emploie 12,6 millions de travailleurs et dont le savoir-faire est un atout majeur pour l’économie européenne.
 

Est-ce que la progression des voitures électriques va s’arrêter ?

Pas vraiment. Ce n’est pas non plus le but recherché par les défenseurs du moteur thermique. Les ventes de voitures électriques vont continuer de progresser pour représenter probablement la majorité des véhicules en circulation à l’horizon 2050. Les autres technologies comme les moteurs thermiques fonctionnant aux carburants synthétiques ou les piles à combustible à hydrogène seront utilisées en complément dans les applications où l’électrique à batterie est trop contraignante, par exemple pour les transports lourds et longues distances, les véhicules d’assistance ou d’intervention d’urgence, les voitures de sport, les véhicules anciens, etc.

C’est en tout cas la vision de l’ACL. Le grand défi sera de produire de l’hydrogène vert et des carburants synthétiques de façon propre, efficace et abordable. Le principal intérêt est d’ouvrir la porte aux carburants synthétiques et d’encourager ainsi les promoteurs à investir dans la production d’hydrogène vert à l’échelle industrielle. En outre, et à l’image des véhicules électriques, la filière des carburants synthétiques pourra, en progressant, s’ouvrir à d’autres applications à des prix plus abordables.
 

Conclusion

Tout historique que soit ce vote, notons qu’il ne s’agit là que d’un premier pas de l’Europe en faveur des carburants synthétiques. Il faut donc tempérer les déclarations de succès pour la bonne raison qu’il ne s'agit que d'un début pour préserver les nouveaux (et les anciens) véhicules à moteur thermique après 2035. Il faudra être très attentif au texte final que la Commission européenne soumettra et à ce qui figurera effectivement dans la loi remaniée. Une méthodologie pratique sera développée d'ici l'automne 2024 qui permettra de déterminer clairement quand un véhicule à combustion interne alimenté par des e-fuels est considéré comme un véhicule zéro émission. En outre, le dossier de la nouvelle norme d’émissions Euro 7 qui est actuellement en discussion sera, lui aussi, déterminant pour l’avenir du moteur thermique.

Finalement, tout ce qui précède concerne les nouveaux véhicules et n'aborde pas (encore) la question de la flotte existante. Une autre question en cours de négociation à Bruxelles et qui n'est pas encore acquise.

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