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Les infrastructures de recharge selon Laurent Maack

Publié le 27/03/2023, modifié le 13/03/2024

Laurent Maack est Sales Engineer pour la société Energolux. Son travail l’amène aujourd’hui à évoluer dans le domaine de l’électromobilité. Il met notamment en place des infrastructures de recharge sur des projets d’envergure.

Quelles services proposez-vous exactement en termes d’infrastructures et quel est votre rôle lors de la réalisations des projets ? 
Energolux a fêté ses 40 ans d’activité. L’expérience dans le domaine de l’énergie de secours nous offre aussi des connaissances dans la technologie des chargeurs et des batteries. Nous proposons la conception, la fourniture, l’installation, la mise en service ainsi que le suivi préventif et correctif des infrastructures.

Qui sont vos clients ? Quel type de société se tourne aujourd’hui vers votre expertise ?
L’intérêt dans nos solutions de la mobilité électrique vient de la même clientèle que nous servons depuis des dizaines d’années pour des groupes électrogènes, des cogénérations, de la basse tension et de la moyenne tension. Ce sont des services de voiries, de transport publics, des administrations, des banques, des grands commerces et autres.

Dans le cas de vos projets, réalisés ou en cours, les infrastructures de recharge sont-elles uniquement à destination de l’entreprise ou s’agit-il de bornes partagées au public ?
Pour l’instant tous les projets concernent des applications internes aux entreprises.

Le secteur professionnel attend impatiemment l’annonce d’aides étatiques pour l’acquisition de véhicules utilitaires électrifiés (camionnettescamions, bus) En attendant, ressentez-vous une forte demande sur les infrastructures de recharge ou pensez-vous que le marché soit plutôt en position d’attente ?
Nous voyons des projets concrets en cours de réalisation, mais en effet il plane une grande incertitude. Je ne crois pas que ça ne dépende que des aides étatiques. Pour moi, c’est plutôt une question de confusion. Dans le temps il fallait passer de l’essence au diesel, puis à nouveau dans l’autre sens. L’infrastructure en électromobilité réclame des investissements conséquents. Or, personne n’est sûr la valeur de cet investissement dans quelques années. Il est essentiel de créer des directives claires, d’assurer la stabilité du réseau et de susciter l’intérêt de cette nouvelle technologie.

Selon vous, les sociétés sont-elles bien informées concernant les aides étatiques mises en place pour les entreprises et les projets d’envergure ? 
De mon côté, je vois que les clients ont déjà fixé les budgets en y incluant les aides avant de nous contacter. En principe, à ce niveau tout est déjà fait quand nous démarrons la conception.

Quels sont les demandes de vos clients en termes d’infrastructure de recharge ? De quelles puissances parle-t-on ? Vers quel type de bornes se dirigent-ils : AC, DC ou mix des deux ?
Nous avons des demandes pour les deux technologies. En outre, les conceptions doivent contenir la possibilité d’extension pour optimiser leur exploitation. Il faut partout réduire les puissances de charge en fonction des disponibilités. Pour l’AC on parle de bornes doubles à 22 kW par point de charge. Pour le DC ce sont des solutions entre 50 et 190 kW. Le secteur des transports publics, quant çà lui, privilégie plutôt des chargeurs entre 300 et 450 kW.

En termes de coûts, que représente approximativement l’installation d’une borne AC 22kW par rapport à une borne DC 50 kW ou supérieure à 150 kW ? 
Cela dépend du câblage, surtout des distances entre les points d’alimentation et des bornes. Si vous installez une borne double de 2×22 kW sur câblage existant, « MID certified », donc agréé pour refacturation de l’énergie transférée, vous pouvez compter 8 000 €. La technologie DC est actuellement encore à un autre niveau de budget, à 50 kW on parle de 50 000 €, à 190 kW on est à 70 000 €. La différence entre une borne simple et la variante similaire « MID certified » est de 15 %.

D’après votre expérience, le fait de mixer des bornes AC et DC sous une même plateforme de gestion est-il facilement réalisable ? 
Voilà une question intéressante et je dirais même la question clé du domaine. Les constructeurs qui proposent des solutions DC à grandes puissances ne sont pas nombreux. Surtout quand on parle de gestions ouvertes entre plusieurs constructeurs on atteint vite les limites. En effet, le grand défi à l’avenir ne sera pas au niveau des chargeurs mais au niveau des logiciels de gestion. L’attribution parfaite de l’énergie disponible en fonction de la demande d’exploitation décidera du succès ou de l’échec de la technologie. Nous travaillons sur ce sujet en interne et avec nos partenaires.

Quel est l’entretien nécessaire sur les infrastructures de recharge ? Y-a-t-il des pièces d’usure ? Quel  est votre retour d’expérience ? 
On n’a pas encore trop d’expérience au sujet des pièces d’usure. Pour les AC il n’y a pas grand chose à prévoir. Pour les DC, c’est comparable au domaine des redresseurs et des inverseurs. C’est un remplacement des pièces en intervalle défini, tous les 3 à 5 ans. Le plan de maintenance varie en fonction du constructeur et des conditions d’exploitation. Au niveau de l’entretien préventif c’est pareil pour les AC que pour les DC, une maintenance annuelle est recommandée.

La puissance électrique nécessaire pose-t-elle souvent des problèmes ? Pouvez-vous développer, quelles solutions apportez-vous ?
On ne peut convertir que la puissance dont on dispose. Nous avons une équipe « moyenne tension » qui assure l’adaptation ou l’extension des postes transformateurs. Ceci fait partie intégrante de la majorité des projets comme peu de sites ont assez de puissance à disposition pour assurer l’exploitation d’une grande infrastructure de charge.

Sur le terrain, quels problèmes rencontrez-vous lors de l’utilisation de vos bornes ? La recharge des véhicules pose-elle des problèmes, pourquoi ?
La technologie a fortement évolué. Au début il y avait souvent des problèmes de compatibilité entre les logiciels des véhicules et des chargeurs. Entre-temps il est rare de voir encore ce genre de soucis. En gros c’est une technologie qui est devenue très fiable.

Pour en savoir plus ou poser vos questions, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse fleet@acl.lu.